La Grèce est décidément devenue une star planétaire. Une star en fin de carrière, j'entends. De celles qu'on voit un peu trop souvent dans les magazines à scandale. A l'occasion d'un symposium qui s'est déroulé à Amsterdam mardi dernier, mes collègues et moi avons largement parlé de l'actualité de la Grèce. Et le moins qu'on puisse dire, c'est que la conversation était agitée. Au moment où le pays est au bord du gouffre, j'aimerais revenir sur cette catastrophe grecque qui bouscule l'Europe toute entière, et, d'une certaine manière, le monde entier. La crise grecque n'est pas sans conséquences sur l'économie française. Elle a ponctué l'arrivée de la crise de la dette souveraine en Europe. Elle a en effet imposé aus autres membres de la zone euro d'intervenir pour empêcher l'éclatement (possible) de la zone euro. La Grèce, couverte de dettes, était incapable d'honorer ses arriérés. Les marchés ont perçu l'épouvantable gestion de l'Etat grec et ont obligé la Grèce à emprunter à des taux exceptionnellement élevés, ce qui a accru les déficits et entraîné une diminution des dépenses. Au niveau économique, les restrictions extrêmes dans les dépenses de l'Etat Grec ont conduit à une hausse du chômage, un abaissement des salaires... et, disons-le, à pas mal de manifestations pour protester contre la politique d'austérité. Pendant le symposium, j'ai été troublé de constater qu'en dépit d'opinions souvent tranchées, mes collègues ne connaissaient pas vraiment le terreau de cette crise. Cette dernire est naturellement due à un ensemble de facteurs, mais l'une des raisons principales de la crise grecque réside à mon sens dans les Jeux Olympiques. Evidemment, d'autres causes, plus profondes et anciennes (telles que corruption généralisée et absence de compétitivité), sont à prendre en compte. Mais les JO ont été la cerise sur le gâteau empoisonné. L'alarme avait été donnée dès 2004 par des experts qui s'alarmaient que les dépenses des JO, financées par emprunts, puissent provoquer un affaiblissement de la Grèce. En effet, près de 12 milliards ont été dépensés pour développer les infrastructures nécessaires. Ces dépenses exagérées se sont traduites par l'expansion des déficits, puisqu'ils sont passés de 3,7% du PIB à 7,5% après l'année des JO. Cette dépense n'est pas responsable de la crise actuelle, mais force est de constater qu'elle n'a fait qu'alourdir les difficultés du pays. C'est à partir de ce moment que la Grèce a pris le chemin d'une voie sans retour, et a creusé sa tombe de plus en plus profondément. Ce symposium à Amsterdam m'aura en tout cas clairement montré que la Grèce ne laisse pas indifférent. D'ailleurs, aucun d'entre nous n'a vraiment joui des animations fournies lors de notre séjour, et ce en dépit de leur caractère exceptionnel ! Je vous laisse le lien vers le site spécialiste de ce séminaire à Amsterdam.