La récente épidémie d’Ebola nous apprend beaucoup sur la santé et le développement. Au cours des 40 dernières années, des épidémies sporadiques de la maladie du virus Ebola à travers l’Afrique équatoriale ont abouti à quelques centaines de décès en moyenne, le virus étant principalement confiné aux zones rurales et contenu en l’espace de quelques semaines ou mois. Au total, entre 1976 et 2012, les épidémies d’Ebola ont infecté environ 2 400 personnes et causé près de 1 600 décès. En décembre 2013, une autre épidémie débutait en Guinée rurale, près de la frontière avec la Sierra Leone et le Libéria. L’identification formelle de la maladie s’est faite en mars 2014, alors que des cas se produisaient déjà dans les pays voisins. Cette dernière épidémie a été la plus grave et la plus longue parmi toutes les épidémies du virus depuis sa découverte. Elle a affecté des milliers de personnes, davantage que toutes les épidémies précédentes combinées, et n’est pas encore finie, après plus d’un an, dans quelques-uns des pays affectés. Fin mai 2015, plus de 27 000 cas confirmés, probables et suspects et plus de 11 000 décès avaient été signalés, selon l’OMS. L’UNICEF estime que plus de 5 000 enfants ont été infectés et 16 000 autres ont perdu un parent ou les deux ou leur tuteur principal. La transmission rapide, importante de la maladie a en outre créé des risques au-delà de l’Afrique. Contrairement aux épidémies précédentes, en 2014, l’épidémie s’est propagée aux zones urbaines et aux villes, provoquant une transmission rapide et importante en Guinée, au Libéria et en Sierra Leone. Le niveau élevé de la transmission de la maladie repose sur plusieurs facteurs, dont la méconnaissance de la maladie, une infrastructure sanitaire en mauvais état, la propagation rapide aux zones urbaines, la grande mobilité de la population, ainsi que les croyances culturelles et les comportements. D’autres pays ont eu à gérer des cas ou une transmission localisée. C’était la première fois que la maladie a été propagée à l’étranger par des passagers, ce qui souligne le risque mondial potentiel de la maladie. Fin 2014, Ebola a été déclarée une urgence de santé publique de portée internationale.