La chef de gouvernement britannique, Theresa May, a annoncé une forte baisse du taux d'imposition sur les sociétés au Royaume-Uni, afin d'en faire le plus bas des pays du G20. Elle compte ainsi retenir les entreprises effrayées par le Brexit. Theresa May tente de rassurer les entreprises effrayées par le Brexit en leur offrant une substantielle carotte fiscale. La chef du gouvernement britannique a annoncé, lundi 21 novembre, une baisse très conséquente du taux de l'impôt britannique sur les sociétés (IS) afin d'en faire le plus faible des pays du G20. La Premier ministre reprend ainsi à son compte une mesure envisagée début juin 2016 par le gouvernement de David Cameron. Le message est clair : le Brexit isole économiquement le Royaume-Uni du reste de l'Europe, mais les entreprises y paieront un impôt bien plus bas qu'ailleurs sur le Vieux continent où le taux moyen de l'IS est de 25 %. Georges Osborne, le ministre britannique des Finances du précédent gouvernement, avait indiqué qu'il songeait à ramener cette taxe de 20 % (taux actuel) à 17 %. Mais la déclaration de Theresa May laisse entrevoir une baisse encore plus substantielle. Pour devenir le pays du G20 doté de la fiscalité la plus avantageuse pour les entreprises, Londres va devoir prendre en compte les promesses du nouveau président des États-Unis. Donald Trump a promis de ramener l'impôt sur les sociétés à 15 %. Jusqu'où Theresa May est-elle prête à aller ? Cette question inquiète beaucoup les autres pays européens qui craignent un dumping fiscal britannique, qui viendrait s'ajouterait ainsi à celui pratiqué par l'Irlande du Nord (où le taux de l'IS est de 12 %). Le très influent ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, a prévenu que le Royaume-Uni devait continuer à respecter les règles européennes sur le dumping fiscal tant que le pays n'avait pas officiellement quitté le giron de Bruxelles. Pour tenter d'apaiser ce début de fronde, Londres a fait savoir que la seule piste envisagée était de ramener l'impôt sur les sociétés à 17 %. Le reste, assure Londres, "est purement spéculatif".