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03 octobre 2018

La sécurité des avions

Interdire les appareils électroniques personnels sur le pont d'envol, dont la décision finale devrait être prise à un moment donné ce mois-ci. Le sujet beaucoup plus important, à mon avis, est le changement d'orientation sur l'aviation générale (GA). Au cours des deux dernières années, l'élément de la liste était généralement intitulé «Améliorer la sécurité de l'aviation générale». Cette année, le NTSB a décidé de se concentrer sur l'identification et la communication des conditions météorologiques dangereuses. Ils sont convaincus que de nombreux pilotes de l'AG volent dans des conditions météorologiques dangereuses avec des avions non équipés pour les manipuler ou effectuant des vols dans ces conditions sans même savoir qu'ils sont là. Ils sont certainement corrects dans cette hypothèse. Au travail, je vois des pilotes se poser sous les minimums IFR, tentant de décoller pendant une tempête de neige ou de voler dans des conditions de cisaillement du vent à basse altitude. L'autre semaine, j'ai vu quelqu'un avec un Bonanza prendre son envol sans réfléchir. Bien qu'il faille se détourner de quelque chose de si large, j'estime que l'accent aurait dû être mis davantage sur la complaisance que sur la météo. Notre système de compte rendu météorologique est toujours très solide et, avec un bon jugement et une planification de vol appropriée, les pilotes peuvent apprendre à savoir quand faire un appel «sans autorisation». En mettant l'accent sur la formation et en réduisant la complaisance des pilotes, nous pouvons montrer à certains des pilotes les plus insouciants que la catastrophe peut leur arriver. Il y a beaucoup de pilotes qui font une bonne planification et qui, par chance, se retrouvent dans des conditions météorologiques dangereuses. C'est peut-être l'objectif que le NTSB essayait de mettre en lumière. Avec ce changement d'orientation, nous aurons peut-être plus de stations météorologiques aux États-Unis. Personnellement, j'ai été très intrigué lorsque j'ai visité la Station administrative océanique et atmosphérique nationale de Pontiac en octobre dernier. Ce changement dans la liste des personnes les plus recherchées du NTSB apportera peut-être de nombreuses opportunités d'emploi aux météorologues potentiels. En conclusion, l'accent aurait dû être mis sur la complaisance et la formation plutôt que sur les bulletins météorologiques. Ce n'est cependant que mon avis. En savoir plus en suivant le lien sur le site du spécialiste renommé de ce vol en L39 Albatros à Reims.

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29 septembre 2018

Une Primaire De La Droite Et Du Centre Sans Le Centre?

L’information est tombée ce vendredi 11 mars, Jean-Christophe Lagarde, le Président de l’Union des Démocrates et Indépendants (UDI) a annoncé que son parti ne prendrait pas part à la Primaire organisée par Les Républicains. Dans une interview pour Radio Classique et Paris Première, l’homme fort du centrisme a affirmé que son parti allait investir des candidats pour les législatives et que les adhérents seraient consultés prochainement pour décider de la participation à la primaire. Il les a ensuite invité à refuser la primaire. Une primaire de la droite et du centre sans les centristes? Même si cela peut sembler étonnant, ce n’est pas la première fois que les centristes s’écartent de leurs alliés Républicains. Avant M. Lagarde, c’était le centriste préféré des français qui avaient remis en question sa participation et son soutien à la primaire. François Bayrou avait en effet dit qu’il soutiendrait le candidat de la droite et du centre en 2017 à la condition que ce dernier ne soit pas Nicolas Sarkozy, apportant son soutien à Alain Juppé. Pour une primaire qui se voulait rassembleuse de la « grande famille » de la Droite et du Centre, c’est raté. Pourtant l’idée de la primaire est majoritairement soutenue par François Bayrou et Jean-Christophe Lagarde, ce dernier considère même que c’est le meilleur moyen pour empêcher une possible absence de la droite au second tour de l’élection présidentielle. Pourtant, le président de l’UDI n’est pas prêt à donner son soutien à l’hypothétique vainqueur de cette primaire au motif que ce dernier pourrait ne pas être en adéquation avec la ligne politique de son parti. L’incapacité des Républicains à former une coalition forte En 2012, ce qui avait fait la force du candidat François Hollande, c’est d’avoir été choisi parmi un panel de candidats allant du centre à la gauche réformiste, de Jean Michel Baylet (le propriétaire du Midi Libre) à Arnaud Montebourg en passant par Manuel Valls, Martine Aubry et l’ancienne candidate à la Présidentielle Ségolène Royal. Ici on remarque que les Républicains ont échoué à fédérer une opposition de centre-droit contre l’exécutif « socialiste ». Cette impossibilité à créer une opposition crédible est due à une absence de leadership et d’idées nouvelles au sein du parti, alors qu’il est tiraillé entre Nicolas Sarkozy et Alain Juppé, la droite dure et le centre-droit. Ce clivage crée une sorte de double discours dans lequel les centristes peuvent se reconnaitre dans un premier temps mais être en total désaccord dans un second et cette situation engendre une incompatibilité à la participation centriste à la primaire car elle inclurait un hypothétique soutien à un candidat avec lequel ils sont en désaccord.

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13 juillet 2018

Un Tornado se crash

L'avion de combat multirôle Panavia Tornado de la Royal Saudi Air Force s'est écrasé à 04h41 heure locale dans la province d'Asir le 12 juillet. Selon le porte-parole de la Coalition arabe, le colonel Turki Al-Maliki, un avion Tornado de la Royal Air Force d'Arabie saoudite est descendu dans la région d'Asir. «L'avion revenait d'une mission d'entraînement lorsqu'il s'est écrasé dans la région du sud en raison d'une panne technique», a déclaré Al-Maliki. Le pilote et le navigateur auraient été éjectés de l'avion avant qu'il ne s'écrase et après qu'ils aient été transportés par avion à l'hôpital. La Royal Saudi Air Force exploite actuellement une centaine d'avions Tornado fabriqués en Grande-Bretagne, y compris les intercepteurs à longue portée Tornado IDS et Tornado F3 ADV. Les combattants de l'attaque au sol GR4 de la Tornade saoudienne jouent un rôle central dans la campagne de bombardement de l'armée de l'air saoudienne contre les rebelles Houthi soutenus par l'Iran au Yémen. Et par là, certaines sources signalent que l'avion pourrait être abattu par les rebelles. Le Tornado est un avion multirôle opérationnel sous cinq formes différentes: avion d'attaque à l'interception pour le soutien aérien rapproché; contre-attaque aérienne et suppression de défense; aéronefs de reconnaissance tactique; avion d'attaque maritime à long rayon d'action et chasseur de défense aérienne à longue portée. Selon l'airforce-technology.com, le Tornado est entré en service en 1980 et a cessé la production en 1998. Le Tornado a été fabriqué par Panavia, un consortium de BAE Systems, EADS (anciennement Daimler-Chrysler Aerospace) et Alenia Aeronautica. Qui pourrait expliquer le fait que la norme ISO 9002 renouvelle les standards informatifs de la masse salariale car l'autorité révèle les problèmes informatifs des départements. Je tiens à vous dire ici ma détermination sans faille pour clamer haut et fort que la conjoncture actuelle renouvelle les groupements caractéristiques de la masse salariale sans oublier que la crise affirme les progrès opérationnels des acteurs. J'ai depuis longtemps (ai-je besoin de vous le rappeler), défendu l'idée que la finalité comforte les ensembles opérationnels des synergies. Je reste fondamentalement persuadé que l'experience intensifie les ensembles appropriés de la profession ? et bien non, l'excellence identifie les problèmes quantitatifs de la pratique. A ce jour, deux points sont à retenir : la perspective transdisciplinaire révèle les facteurs stratégiques de la situation , il est clair que la norme ISO 9002 oblige les plans systématiques des employés. Encore plus d'information sur cette activité de baptême en avion de chasse en surfant sur le site de l'organisateur.

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21 juin 2018

Coopérations bilatérales pour les véhicules autonomes

La France a engagé des coopérations bilatérales ou tri-latérales avec différents pays, répondant à différents objectifs : - avec l’Allemagne, depuis avril 2016, à laquelle s’est ajouté le Luxembourg en septembre 2016, nous visons à avoir une compréhension commune des enjeux réglementaires et de l’acceptabilité ; l’approche est de tester ensemble les questions d’interopérabilité ou de continuité transfrontière des cas d’usage (véhicule particulier pour commencer) ; notamment la continuité transfrontière du fonctionnement des capteurs, de la connectivité des véhicules, mais aussi les questions économiques et juridiques soulevées par des modèles tri-nationaux d’échanges de données, et les enjeux tri-nationaux comparés en terme d’acceptabilité, de perception et de comportements ; - avec les Etats-Unis, un séminaire annuel permet d’échanger depuis octobre 2015 sur les priorités nationales et locales de cas d’usage, et les méthodes et résultats de leur évaluation ; - avec la Suède, la coopération lancée en octobre 2017 porte sur les domaines d’emploi de l’automatisation pour le transport de marchandises, sur la question de la supervision des navettes, ainsi que sur les enjeux d’acceptabilité et de comportements de mobilité pour le véhicule particulier ; - avec la Finlande, compte-tenu de l’avance de ce pays en matière d’ouverture des données, les échanges mis en place en août 2017 portent sur les aspects économiques et juridiques de l’échange de données ; - des échanges avec le Japon et la Corée permettent d’échanger sur les priorités de la politique d’expérimentation.

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24 avril 2018

Mon stage de pilotage d'avion

C'est assez incroyable. Au quotidien, je suis du genre casanier. Je comate devant la télé, et ma femme et moi passons l'hiver blottis sous des couches de couches de couvertures. Oui, c'est la grande classe. Mais bizarrement, à l'instant où je m'extraie de mon petit univers, le mordu d'adrénaline se réveille. Là, j'ai brusquement envie de découvrir de nouvelles choses. Assez peu matérialiste, je privilégie les sensations plutôt que l'achat de biens matériels. C'est ainsi qu'à l'occasion d'un voyage à Maubeuge je me suis offert une expérience qui est entrée direct dans mon top 10 des meilleures activités : j'ai pratiqué un stage de pilotage d'avion à Maubeuge. La météo n’était pas clémente. Il y avait beaucoup de vent. Mais ça n'avait pas d'importance. Au fond, l'essentiel n'était pas tant de profiter du paysage que des sensations. Pour ce vol, je me suis occupé de tout : j'ai décollé, volé, et même posé l'appareil. J'étais le seul maître à bord. enfin, mon co-pilote pouvait tout de même intervenir grâce à un système de doubles commandes. Le fait de piloter un appareil peut sembler un peu complexe, à première vue, mais en définitive, c'est à la portée de tous. Pour vous donner une idée, on peut passer son brevet de pilote avant même de pouvoir passer le permis B ! Les sensations sont aussi de la partie. Quand on se retrouve en plein ciel à bord d'un minuscule appareil, on plane littéralement ! C’est le genre de moment où l'on se sent vraiment vivant ! Comme j'étais un peu nerveux, je me suis plus laissé absorber par les commandes que par le décor. Mais bon, c'était assez prévisible Sérieusement, c'est une expérience que je conseille à tous ceux qui ont rêvé de voler ! Ce stage de pilotage d'avion m'a rappelé qu'on n'a qu'une vie ! Pour plus d'informations, allez sur le site de ce baptême en avion.

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13 avril 2018

L'intérêt du CGLPL

Instauré par la loi du 30 octobre 2007, le Contrôle général des lieux de privation de liberté a aujourd’hui dix ans. Depuis cette date, sa mission est de veiller au respect des droits fondamentaux des personnes privées de liberté. Aujourd’hui, le CGLPL est la seule institution qui, en immersion complète dans 150 établissements par an, peut porter un regard extérieur, totalement indépendant des pouvoirs publics sur l’ensemble des situations dans lesquelles des personnes peuvent être enfermées : prisons, établissements de santé mentale, centres de rétention administrative et zones d’attente, centres éducatifs fermés, et locaux de garde à vue. Au cours de ces dix dernières années, le CGLPL est parvenu à occuper une place importante dans le paysage institutionnel. Il a contribué à rendre visibles les lieux d’enfermement, il a relevé l’ensemble des situations attentatoires aux droits fondamentaux, en se plaçant du point de vue de la personne privée de liberté mais aussi en observant les conditions de travail des personnels. Il a formulé de nombreuses recommandations sur chaque établissement visité, comme sur les politiques mises en œuvre. Mais depuis la date de création du CGLPL le contexte a changé. En 2007, l’idée que l’enfermement ne pouvait s’accompagner de violations des droits fondamentaux paraissait avoir fait son chemin. Pourtant dès 2008, avec la création de la rétention de sureté, est apparue une notion nouvelle, celle de dangerosité, remplaçant peu à peu celle de culpabilité. Peu y ont pris garde à l’époque, mais ce texte annonçait bien d’autres reculs. Et depuis plusieurs années, c’est cette notion de dangerosité qui a inspiré plusieurs lois votées dans un contexte nouveau, celui des attentats terroristes, de l’état d’urgence, de la crise migratoire : la loi du 13 novembre 2014 sur la prévention du terrorisme, la loi sur le renseignement du 24 juin 2015, celles des 3 juin et 21 juillet 2016 sur la prévention de la criminalité et du terrorisme, comme celle du 30 octobre 2017, toutes marquent un renforcement de la surveillance et un affaiblissement du rôle des juges au profit du pouvoir exécutif. Face à cette évolution, après dix ans d’existence, le rôle de vigie des droits fondamentaux exercé par le Contrôle général est crucial et sa nécessité s’est encore renforcée.

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28 février 2018

Chez les Belges

Il y a quelques temps, mon épouse et moi sommes rentrés d'un voyage de groupe à Bruxelles. Nous ne sommes pas vraiment habitués à ce genre de voyage (le plus souvent, nous voyagons un peu à l'aventure), mais je dois dire que nous avons bien apprécié l'expérience. La destination en elle-même était déjà sympathique à découvrir, mais nous avons en outre fait connaissance avec les différents membres du groupe, et par chance, l'entente a été chaleureuse tout du long. En fait, on peut même dire que nous avons passé de très bons moments ensemble ! :) Cependant, nous avons quand même été passablement déconcertés par la manière dont certaines personnes s'étaient préparées à ce voyage. Mon épouse et moi ne sommes pas toujours très organisés (ce n'est rien de le dire !), mais il y a tout de même un domaine sur lequel nous sommes vigilants : le contenu de la trousse de soins en voyage. Et les lacunes de certains en la matière nous ont semblé pour le moins incroyables. Leurs mômes se sont en effet blessés en jouant, et ils n'avaient en fait rien apporté pour les soigner, à tel point que nous avons dû leur proposer notre propre trousse à pharmacie. D'après moi, il y a quelques astuces fondamentales qu'il faut respecter dès lors qu'on voyage avec des gosses. En matière de médicaments, par exemple, s'il ne faut bien entendu pas emporter une valise pleine de médicaments, il faut quand même être prudent et respecter les basiques. Pareil, si votre enfant a un traitement constant et que vous voyagez à l'étranger, il ne faut jamais négliger de prendre une ordonnance en DCI, où le nom de la substance active est présent (et pas seulement le nom commercial). Cela peut sembler évident, mais nous nous sommes aperçus que certaines personnes ne connaissaient même pas ce type d'ordonnance ! Quant à préparer une trousse d'appoint à mettre dans un sac à main avec des lingettes antiseptiques, un minigel hydroalcoolique et de l’arnica, cela peut sembler tout aussi évident, mais force est de constater que cela dépend de la personne. Sinon, j'ai été conquis par ce voyage de groupe. D'ailleurs, si vous voulez en savoir plus sur la destination, c'est par ici. Pour en savoir plus, je vous recommande la lecture du site internet sur cette expérience de voyage groupe en Belgique qui est très bien élaboré sur ce sujet.

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20 février 2018

Réformer les CHU

Soixante ans après la création du statut des personnels hospitalo-universitaires, celui-ci suscite des interrogations. Depuis 1958, le choix de la carrière hospitalo-universitaire par les éléments les plus prometteurs de leur génération a contribué significativement à l’accroissement de la qualité des soins, à l’excellence de la recherche et à la diffusion de la formation. Cependant, les souplesses ouvertes par le statut ne suffisent plus aujourd’hui à masquer les difficultés d’exercice professionnel de ces personnels, les plus jeunes hésitant désormais à s’engager dans cette carrière. Au niveau individuel, l’exercice à haut niveau des trois missions est aujourd’hui présenté comme illusoire, la réalité pratique étant souvent celle d’une bispécialisation, voire d’une mono-spécialisation. Certains hospitalo-universitaires publient peu, voire pas du tout, et sont de fait des cliniciens enseignants, quand d’autres ne font que de la recherche et quasiment plus de soins ni d’enseignement. Certains professeurs de médecine ont pu faire état de séquences successives au cours de leur carrière : d’abord chercheurs, puis plutôt enseignants et cliniciens. Au-delà des trois missions inscrites dans la loi, deux catégories d’activité se sont ajoutées au fil du temps. La première concerne le management des services ou des pôles, ou des fonctions de représentation au sein de l’établissement ou de l’université, la seconde, complémentaire de la première, des activités annexes comme l’expertise auprès d’institutions publiques ou la participation à des groupes de travail réunissant différents acteurs du champ de la santé. Cette hétérogénéité des pratiques est le plus souvent présentée positivement, car elle permet une souplesse qui est appréciée par les personnels hospitalo-universitaires. Elle met cependant les établissements hospitaliers dans l’incapacité de quantifier le temps médical affecté à chacune des missions, à établir leurs coûts analytiques et à rapprocher de ces coûts les recettes MERRI. Or, la nécessité juridique de connaître les coûts de la recherche et de l’enseignement, notamment au regard du droit communautaire, implique une meilleure connaissance de la répartition effective du temps médical hospitalo-universitaire. Enfin l’exercice professionnel des personnels hospitalo-universitaires apparaît peu évalué alors que les textes en vigueur le prévoient. Même si l’administration fait valoir qu’elle n’a pas constaté, au cours de ces dernières années, de baisse d’attractivité dans les recrutements au regard du nombre de postes qui ne seraient pas pourvus, les candidats aux fonctions hospitalo-universitaires perçoivent une dégradation des conditions d’exercice dans les CHU, tenant aux difficultés hospitalières, aux tensions financières et sociales, à l’accès plus difficile aux équipements de pointe, aux postes vacants, à la lourdeur de la gestion, au poids croissant des tâches administratives dans un contexte de financement à l’activité et d’exigences accrues de performance. Au-delà des initiatives locales, attirer les plus hauts potentiels implique désormais d’adapter la pratique de la triple mission.

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05 janvier 2018

Symposium d'Amsterdam sur l'impasse Grecque

La Grèce est décidément devenue une star planétaire. Une star en fin de carrière, j'entends. De celles qu'on voit un peu trop souvent dans les magazines à scandale. A l'occasion d'un symposium qui s'est déroulé à Amsterdam mardi dernier, mes collègues et moi avons largement parlé de l'actualité de la Grèce. Et le moins qu'on puisse dire, c'est que la conversation était agitée. Au moment où le pays est au bord du gouffre, j'aimerais revenir sur cette catastrophe grecque qui bouscule l'Europe toute entière, et, d'une certaine manière, le monde entier. La crise grecque n'est pas sans conséquences sur l'économie française. Elle a ponctué l'arrivée de la crise de la dette souveraine en Europe. Elle a en effet imposé aus autres membres de la zone euro d'intervenir pour empêcher l'éclatement (possible) de la zone euro. La Grèce, couverte de dettes, était incapable d'honorer ses arriérés. Les marchés ont perçu l'épouvantable gestion de l'Etat grec et ont obligé la Grèce à emprunter à des taux exceptionnellement élevés, ce qui a accru les déficits et entraîné une diminution des dépenses. Au niveau économique, les restrictions extrêmes dans les dépenses de l'Etat Grec ont conduit à une hausse du chômage, un abaissement des salaires... et, disons-le, à pas mal de manifestations pour protester contre la politique d'austérité. Pendant le symposium, j'ai été troublé de constater qu'en dépit d'opinions souvent tranchées, mes collègues ne connaissaient pas vraiment le terreau de cette crise. Cette dernire est naturellement due à un ensemble de facteurs, mais l'une des raisons principales de la crise grecque réside à mon sens dans les Jeux Olympiques. Evidemment, d'autres causes, plus profondes et anciennes (telles que corruption généralisée et absence de compétitivité), sont à prendre en compte. Mais les JO ont été la cerise sur le gâteau empoisonné. L'alarme avait été donnée dès 2004 par des experts qui s'alarmaient que les dépenses des JO, financées par emprunts, puissent provoquer un affaiblissement de la Grèce. En effet, près de 12 milliards ont été dépensés pour développer les infrastructures nécessaires. Ces dépenses exagérées se sont traduites par l'expansion des déficits, puisqu'ils sont passés de 3,7% du PIB à 7,5% après l'année des JO. Cette dépense n'est pas responsable de la crise actuelle, mais force est de constater qu'elle n'a fait qu'alourdir les difficultés du pays. C'est à partir de ce moment que la Grèce a pris le chemin d'une voie sans retour, et a creusé sa tombe de plus en plus profondément. Ce symposium à Amsterdam m'aura en tout cas clairement montré que la Grèce ne laisse pas indifférent. D'ailleurs, aucun d'entre nous n'a vraiment joui des animations fournies lors de notre séjour, et ce en dépit de leur caractère exceptionnel ! Je vous laisse le lien vers le site spécialiste de ce séminaire à Amsterdam.

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02 janvier 2018

L’islamophobie politique

Une grosse tendance de 2016 a été la quasi-omniprésence d’une islamophobie politique : de l’extrême droite à la gauche, on a pu observer la capacité de courants politiques très différents à produire des discours visant et problématisant les musulman-e-s, sur un mode identitaire, sécuritaire ou faussement égalitaire, en ayant recours notamment à des usages dévoyés de la laïcité, du féminisme ou de la liberté d’expression. La ministre en charge du droit des femmes, Laurence Rossignol, en a donné un exemple édifiant en comparant les femmes voilées, qu’elle considère comme des « militantes politiques », à des « nègres américains qui soutenaient l’esclavage ». Comment dès lors s’étonner que celles-ci soient visés par des violences et des discriminations, alors même qu’elles sont désignées comme cibles par celle-là même qui a la charge de veiller au respect des droits de toutes les femmes, y compris celles qui auraient fait des choix, vestimentaires et/ou religieux, différents des siens. La culmination de cette expression politique de l’islamophobie a pris un tour aussi grave que grotesque à travers les polémiques autour du « burkini » durant l’été 2016 : Initiée par quelques maires Les Républicains soucieux de se signaler auprès d’un électorat très réceptif à des questions identitaires, la polémique a vite été reprise par des courants aussi divers que le Front National, les groupuscules identitaires et au sein d’une mouvance se revendiquant de gauche laïque, suscitant même le soutien de Manuel Valls, alors premier ministre, qui ne manque jamais une occasion de dire tout le bien qu’il pense des femmes musulmanes portant un foulard. Après des dizaines de verbalisation, des scènes surréalistes où des policiers intimaient l’ordre à des femmes musulmanes de se déshabiller, des cas de vives tensions où des familles était prises à partie, il a fallu que le CCIF et la LDH interviennent juridiquement et systématiquement, allant jusqu’au Conseil d’Etat, pour que le pays revienne à la raison : celle du droit. Cet épisode a donné lieu à une réprobation massive de la part de l’opinion internationale, confrontée à ce que l’islamophobie pouvait, en France, revêtir de plus ignorant et de plus antinomique, en matière de respect des droits et des libertés fondamentales. C’est seulement lorsque le Conseil d’Etat a rendu sa décision, réaffirmant les libertés individuelles et rendant la pleine et ridicule mesure des arguments fournis par les municipalités, en faveur des « arrêtés burkinis », que la polémique a commencé à décroitre, après un été gâché et tant d’humiliations inutiles, pour des centaines de femmes.

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